C'est un phénomène à la fois curieux et normal : moins nous travaillons, moins nous avons envie de travailler. Rien n'y fait, malgré les 35 heures, les congés payés, nous n'avons pas plus envie d'aller bosser qu'un employé de mine à la fin du XIXe siècle. Le stress de la rentrée ou du dimanche soir devient même un sujet d'analyse. Y'a un os dans le potage, tout de même...
Il y a quelque temps, une étude montrait que les Américains des années 30 (une chouette décennie, entre la crise de 29 et la guerre mondiale se profilant !) étaient plus heureux que leurs descendants d'aujourd'hui.
On pourrait faire la même étude en France. Il y a quelque chose qui ne va pas, un truc de cassé. On n'y croit plus. La vie, c'est comme le PS, on ne sait pas quoi faire pour retrouver la patate, la banane. Même un Week-End à la Rochelle, ce n'est pas assez, on va faire la gueule à la rentrée.
De plus en plus, de manière très sérieuse, des experts préfèrent l'indice de bonheur à celui du produit intérieur brut. Avec une interrogation, sous forme de devoir de philo du bac : la croissance est-elle une fin ou la fin de société ? Martine Aubry a parlé l'autre jour d'un "postmatérialisme" à inventer. Ça me plait bien, ce terme, ça montre qu'il faut passer à autre chose, qu'il faut inventer une autre manière d'être ensemble. Mais avant, il faut lester pas mal, et là, c'est pas gagné. Comment concilier la relance de l'économie et la fin du culte de la croissance ?
La société bouge, on le voit tous les jours. Le déchirement actuel de la Gauche pourrait, idéalement, aboutir à une nouvelle pensée, au rejet de la société individualiste incarnée à merveille par son leader. Aujourd'hui, ça bataille, ça se bouscule au portillon car la crise du monde et de la société est profonde, à l'image de nos peurs. Peur du chômage, peur de la maladie, peur de la solitude. Une peur globalisée, amplifiée par l'écho médiatique en temps réel.
Avouons que pour vaincre cette peur, nous n'avons pas uniquement besoin de leaders charismatiques, de quelque horizon qu'il soit. La vaincre, c'est aussi un cheminement individuel, celui d'une paix et d'une quiétude intérieures, l'acceptation de sa place - fut-elle modeste - dans le monde, de sa propre finitude, des aléas de la vie, la capacité à vivre dans l'instant et non dans le passé ou le futur. La crise de la société n'est pas que politique ou économique, elle est morale, psychique. Pas étonnant d'ailleurs que les dépressions, les maladies au travail et l'absentéisme se développent. Dans les structures basées sur l'efficacité et la modélisation mathématique, il y a une perte de sens collectif et de sens de soi qui individualise et satellise. D'où le succès des ouvrages sur le développement personnel, la quête d'un autre mode de vie. Je recommande d'ailleurs aux leaders politiques de s'entourer de davantage de psys, de médecins et de sociologues. Trouver un remède au maladies de l'âme de notre société, c'est aussi résoudre le problème de celle-ci, c'est lui donner un sens.
En attendant, cette rentrée se déroule pour bon nombre d'entre nous avec une furieuse envie de rester chez soi.
Cette fichue grippe A, pour l'instant virtuelle, ne serait-elle pas finalement une métaphore de l'état du monde, la propagation sans frontière d'un virus pas très grave mais qui nous paralyse tous, déboussolés ? Malades de trouille.
Il y a quelque temps, une étude montrait que les Américains des années 30 (une chouette décennie, entre la crise de 29 et la guerre mondiale se profilant !) étaient plus heureux que leurs descendants d'aujourd'hui.
On pourrait faire la même étude en France. Il y a quelque chose qui ne va pas, un truc de cassé. On n'y croit plus. La vie, c'est comme le PS, on ne sait pas quoi faire pour retrouver la patate, la banane. Même un Week-End à la Rochelle, ce n'est pas assez, on va faire la gueule à la rentrée.
De plus en plus, de manière très sérieuse, des experts préfèrent l'indice de bonheur à celui du produit intérieur brut. Avec une interrogation, sous forme de devoir de philo du bac : la croissance est-elle une fin ou la fin de société ? Martine Aubry a parlé l'autre jour d'un "postmatérialisme" à inventer. Ça me plait bien, ce terme, ça montre qu'il faut passer à autre chose, qu'il faut inventer une autre manière d'être ensemble. Mais avant, il faut lester pas mal, et là, c'est pas gagné. Comment concilier la relance de l'économie et la fin du culte de la croissance ?
La société bouge, on le voit tous les jours. Le déchirement actuel de la Gauche pourrait, idéalement, aboutir à une nouvelle pensée, au rejet de la société individualiste incarnée à merveille par son leader. Aujourd'hui, ça bataille, ça se bouscule au portillon car la crise du monde et de la société est profonde, à l'image de nos peurs. Peur du chômage, peur de la maladie, peur de la solitude. Une peur globalisée, amplifiée par l'écho médiatique en temps réel.
Avouons que pour vaincre cette peur, nous n'avons pas uniquement besoin de leaders charismatiques, de quelque horizon qu'il soit. La vaincre, c'est aussi un cheminement individuel, celui d'une paix et d'une quiétude intérieures, l'acceptation de sa place - fut-elle modeste - dans le monde, de sa propre finitude, des aléas de la vie, la capacité à vivre dans l'instant et non dans le passé ou le futur. La crise de la société n'est pas que politique ou économique, elle est morale, psychique. Pas étonnant d'ailleurs que les dépressions, les maladies au travail et l'absentéisme se développent. Dans les structures basées sur l'efficacité et la modélisation mathématique, il y a une perte de sens collectif et de sens de soi qui individualise et satellise. D'où le succès des ouvrages sur le développement personnel, la quête d'un autre mode de vie. Je recommande d'ailleurs aux leaders politiques de s'entourer de davantage de psys, de médecins et de sociologues. Trouver un remède au maladies de l'âme de notre société, c'est aussi résoudre le problème de celle-ci, c'est lui donner un sens.
En attendant, cette rentrée se déroule pour bon nombre d'entre nous avec une furieuse envie de rester chez soi.
Cette fichue grippe A, pour l'instant virtuelle, ne serait-elle pas finalement une métaphore de l'état du monde, la propagation sans frontière d'un virus pas très grave mais qui nous paralyse tous, déboussolés ? Malades de trouille.