La mort de Michaël Jackson donne lieu à l'une de ces frénésies médiatiques dont le monde semble avoir besoin pour panser ses plaies, les vraies. C'est d'ailleurs la fonction des artistes, ces demi-dieux, que de nous faire oublier notre condition de mortel, jusque dans leur propre mort. Dans ce sens, le destin de Michaël Jackson, plus que son oeuvre, est riche d'une symbolique (et d'un pathos) qui scelle sa légende : enfant prodige et martyre, superstar planétaire, elephant man, triste roi Ubu isolé dans son manoir..., artiste noir devenu blanc, tellement blanc qu'il disparaît au moment où un noir devient président des USA. Finalement, Jackson ne pouvait survivre à l'ère Obama, lui qui est un pur produit d'une Amérique discriminante pour les noirs. Jackson était fini, ruiné et artistiquement caduc. Son come-back pour 50 concerts en Angleterre, cet été, était une pitoyable opération de bizness pour renflouer ses caisses. Le succès était lié au concept (un même lieu plutôt qu'une tournée), à l'attachement de ses fans, mais aussi à une curiosité un peu malsaine pour ce qui était désormais une bête de foire. Il disparaît à quelques jours de ce retour qui pouvait s'avérer pathétique. Ces concerts qui n'auront pas lieu vont renforcer le mythe. C'est finalement un beau départ.
Un mot enfin sur le traitement de la chose par les médias, qui, une nouvelle fois, dépasse l'entendement. Avion Airbus/Paris, élections européennes ou mort de Michaël Jackson, tout est bon pour une amplification à l'infini de l'événement pour créer un récit mondial, pour alimenter les Jack Bauer accrocs à l'info 24/24 que nous sommes devenus. Prenez les Européennes : le score de l'UMP est somme toute modeste et celui d'Europe Ecologie explicable par la nouvelle donne au sein de la gauche. Transcription médiatique : il est impossible de critiquer Sarkozy, Cohn-Bendit est une superstar. Il ne peut y avoir que des vainqueurs et des déchus, du noir ou du blanc. Bref, les médiateurs ne jouent plus leur rôle, celui de mettre en perspective, ils sont trop souvent une chambre d'écho amplifiée qui contribue au brouhaha général.
Du coup, l'info de la semaine qui m'amuse, c'est la bidouille de photographes qui ont gagné le prix Paris Match pour un faux reportage sur la misère étudiante, publié cette semaine dans l'Hebdo. Sur le principe "plus c'est gros, mieux ça passe", les faussaires ont mis en scène des étudiants qui se prostituent ou squattent. Le jury n'a pas vérifié et ils ont dénoncé "un discours médiatique qui a pour ingrédients la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la détresse". Bien joué, les gars !
Pour terminer avec Jacko, l'artiste est la raison exacte pour laquelle j'aime Springsteen, qui est son antithèse, même s'ils ont connu leur gloire mondiale dans les années 80. Springsteen incarne la durée, la constance, l'authenticité, la modestie. Sa réflexion sur les aléas de la célébrité et sa connaissance de l'histoire du rock lui ont permis d'éviter les choix qui mènent à l'isolement et à la folie. Si Jackson avait observé la carrière de Springsteen ou lui avait demandé conseil, il ne serait peut-être pas resté l'auto-proclamé "roi de la pop" mais aurait pu mener une longue carrière d'excellent et talentueux chanteur populaire, assumant ses racines.
Mais c'est une autre histoire.
Un mot enfin sur le traitement de la chose par les médias, qui, une nouvelle fois, dépasse l'entendement. Avion Airbus/Paris, élections européennes ou mort de Michaël Jackson, tout est bon pour une amplification à l'infini de l'événement pour créer un récit mondial, pour alimenter les Jack Bauer accrocs à l'info 24/24 que nous sommes devenus. Prenez les Européennes : le score de l'UMP est somme toute modeste et celui d'Europe Ecologie explicable par la nouvelle donne au sein de la gauche. Transcription médiatique : il est impossible de critiquer Sarkozy, Cohn-Bendit est une superstar. Il ne peut y avoir que des vainqueurs et des déchus, du noir ou du blanc. Bref, les médiateurs ne jouent plus leur rôle, celui de mettre en perspective, ils sont trop souvent une chambre d'écho amplifiée qui contribue au brouhaha général.
Du coup, l'info de la semaine qui m'amuse, c'est la bidouille de photographes qui ont gagné le prix Paris Match pour un faux reportage sur la misère étudiante, publié cette semaine dans l'Hebdo. Sur le principe "plus c'est gros, mieux ça passe", les faussaires ont mis en scène des étudiants qui se prostituent ou squattent. Le jury n'a pas vérifié et ils ont dénoncé "un discours médiatique qui a pour ingrédients la complaisance et le voyeurisme dans la représentation de la détresse". Bien joué, les gars !
Pour terminer avec Jacko, l'artiste est la raison exacte pour laquelle j'aime Springsteen, qui est son antithèse, même s'ils ont connu leur gloire mondiale dans les années 80. Springsteen incarne la durée, la constance, l'authenticité, la modestie. Sa réflexion sur les aléas de la célébrité et sa connaissance de l'histoire du rock lui ont permis d'éviter les choix qui mènent à l'isolement et à la folie. Si Jackson avait observé la carrière de Springsteen ou lui avait demandé conseil, il ne serait peut-être pas resté l'auto-proclamé "roi de la pop" mais aurait pu mener une longue carrière d'excellent et talentueux chanteur populaire, assumant ses racines.
Mais c'est une autre histoire.