Voter est l'une des libertés fondamentales. Et ce qui est formidable, c'est que les électeurs l'utilisent le plus souvent librement, du moins lorsqu'ils vivent en liberté. Souvent, les tenants, même sincères, d'une idée ou d'une idéologie dont ils sont certains, regrettent les scores des républiques bananières. Ils seraient même tentés par rendre le vote obligatoire.
Pourtant, qu'ils s'expriment avec ferveur comme en Iran ou mollement comme chez nous lors des Européennes, le vote est bien l'acte libre par excellence, jusque dans la liberté de ne pas le faire.
D'autant plus que les électeurs français ont été bien facétieux dimanche dernier, nous adressant des messages contradictoires, mais passionnants.
En premier lieu, ils ont érigé l'écologie, le développement durable, comme grande cause nationale. C'est une excellente nouvelle car la récupération édulcorée par les uns et les autres risquait de vider de sa substance les efforts en la matière. C'est tout le contraire qui a été dit : l'écologie doit être au coeur des politiques publiques, il faut inventer un nouveau mode de vie plus respectueux des hommes et de l'environnement. Et l'on se prend à rêver : Nicolas Hulot candidat à la présidentielle et la France première nation verte du monde. Chouette, non...
Sur l'échec des socialistes, il y aurait beaucoup à dire : querelles de personnes, essoufflement du parti, campagne illisible. Dans Libération, Laurent Joffrin a émis une idée que je partage : le PS a perdu pour avoir gagné. Autrement dit, tout le logiciel politique est régi par les idées sociales-démocrates, même chez une droite qui s'en défend. Le PS est donc inutile, moribond, caduc au moment où les Verts en particulier parlent d'un autre monde. Les socialistes, eux, voudraient rafistoler le précédent. Il leur faut inventer une nouvelle utopie.
L'implosion du Modem a du bon et du mauvais. Elle sanctionne la stratégie trop personnelle d'un Bayrou qui a déraillé en fin de parcours mais qui ne manquait pas de panache : sa dénonciation du système Sarkozy est juste et pertinente. Elle n'était malheureusement pas synchrone avec les enjeux de l'élection. Du coup, son échec sonne la sanction d'un antisarkozysme virulent.
C'est tout le paradoxe de cette élection : le score de l'UMP est somme toute modeste pour un parti au pouvoir, surtout si l'on effectue les reports de voix. Mais Sarkozy en sort renforcé, accompagné d'une sorte d'interdiction de critiquer au risque d'être sanctionné par les électeurs.
Difficile, dans ces conditions, de prédire l'avenir.
Le PS doit penser son projet et trouver son leader. L'écologie va-t-elle devenir une force politique majeure ou briser la nécessaire union de la gauche par ses nouvelles exigences ? Sarkozy va-t-il verdir et adoucir son libéralisme pour tenir compte des électeurs ou prendre ce scrutin comme un blanc seing pour son réformisme ?
Une chose est sûre : le paysage politique français vit une mutation spectaculaire, dont nous ne sommes qu'aux prémices. Et c'est assez stimulant.
Pourtant, qu'ils s'expriment avec ferveur comme en Iran ou mollement comme chez nous lors des Européennes, le vote est bien l'acte libre par excellence, jusque dans la liberté de ne pas le faire.
D'autant plus que les électeurs français ont été bien facétieux dimanche dernier, nous adressant des messages contradictoires, mais passionnants.
En premier lieu, ils ont érigé l'écologie, le développement durable, comme grande cause nationale. C'est une excellente nouvelle car la récupération édulcorée par les uns et les autres risquait de vider de sa substance les efforts en la matière. C'est tout le contraire qui a été dit : l'écologie doit être au coeur des politiques publiques, il faut inventer un nouveau mode de vie plus respectueux des hommes et de l'environnement. Et l'on se prend à rêver : Nicolas Hulot candidat à la présidentielle et la France première nation verte du monde. Chouette, non...
Sur l'échec des socialistes, il y aurait beaucoup à dire : querelles de personnes, essoufflement du parti, campagne illisible. Dans Libération, Laurent Joffrin a émis une idée que je partage : le PS a perdu pour avoir gagné. Autrement dit, tout le logiciel politique est régi par les idées sociales-démocrates, même chez une droite qui s'en défend. Le PS est donc inutile, moribond, caduc au moment où les Verts en particulier parlent d'un autre monde. Les socialistes, eux, voudraient rafistoler le précédent. Il leur faut inventer une nouvelle utopie.
L'implosion du Modem a du bon et du mauvais. Elle sanctionne la stratégie trop personnelle d'un Bayrou qui a déraillé en fin de parcours mais qui ne manquait pas de panache : sa dénonciation du système Sarkozy est juste et pertinente. Elle n'était malheureusement pas synchrone avec les enjeux de l'élection. Du coup, son échec sonne la sanction d'un antisarkozysme virulent.
C'est tout le paradoxe de cette élection : le score de l'UMP est somme toute modeste pour un parti au pouvoir, surtout si l'on effectue les reports de voix. Mais Sarkozy en sort renforcé, accompagné d'une sorte d'interdiction de critiquer au risque d'être sanctionné par les électeurs.
Difficile, dans ces conditions, de prédire l'avenir.
Le PS doit penser son projet et trouver son leader. L'écologie va-t-elle devenir une force politique majeure ou briser la nécessaire union de la gauche par ses nouvelles exigences ? Sarkozy va-t-il verdir et adoucir son libéralisme pour tenir compte des électeurs ou prendre ce scrutin comme un blanc seing pour son réformisme ?
Une chose est sûre : le paysage politique français vit une mutation spectaculaire, dont nous ne sommes qu'aux prémices. Et c'est assez stimulant.