L'autre jour, pour mon travail, j'ai interviewé Tino, un citoyen italien vivant en France depuis 1948. Il a quitté son pays natal à l'âge de 11 ans lors d'une vague d'immigration initiée par notre gouvernement, alors en déficit de main d'oeuvre. Tino et sa famille furent fraîchement accueillis en France. Enfant, à l'école, il était le Rital. Aujourd'hui, il est accepté et apprécié de tous.
Cette histoire d'intégration européenne me ramène aux élections de la semaine prochaine.
Pourquoi les élections européennes suscitent-elles une aussi grande indifférence, qui se mêle à une véritable errance politique, comme si nous zigzaguions de rayon en rayon avant de faire notre choix ?
Il y a bien sûr plusieurs raisons largement avancées par les médias et analystes politiques : le découpage électoral, une Europe trop largement citée comme bouc-émissaire dans les incantations politiques, la personnalisation des scrutins et plus généralement, des partis et du personnel politique en dessous des enjeux.
Je vois une autre raison, au moins aussi fondamentale : l'incapacité des dirigeants politiques à inscrire ce scrutin dans l'Histoire. Voter pour l'Europe n'est pas qu'une décision technocratique. L'Europe est un idéal né dans les ruines de la seconde guerre mondiale. La politique, c'est aussi et surtout dire d'où nous venons, qui nous sommes et où nous allons ensemble. C'est écrire un récit collectif qui dépasse la somme des individualités. C'est avant tout cela, l'Europe.
Malheureusement, l'une des signatures de l'ère Sarkozy, c'est la politique amnésique, sans racines, sans histoire.
La grandeur et le génie de Barack Obama est d'avoir réconcilié les Américains - ce peuple soit disant inculte - avec leur Histoire. Sa candidature, son parcours et son programme reposent sur la capacité à inclure passé et avenir dans le même projet, sur cette résilience collective qui peut permettre à un peuple d'affronter les grandes épreuves.
Hier, je discutais avec un ami qui revenait de New-York. Il évoquait la rudesse de la crise, encore plus violente là-bas que chez nous. Il me racontait aussi la combativité des Américains dans l'adversité, cette capacité à se remonter les manches, à ne pas attendre que cela se passe, à puiser dans ses propres capacités pour se battre.
L'abstention qui se profile à l'horizon est le symbole de nos renoncements, de nos atermoiements, de notre incapacité à reconstruire un grand récit collectif. Dans cette perspective, elle sera peut-être une bonne chose. La claque que vont se prendre les partis politiques va peut-être les pousser à ré-initialiser leurs logiciels, à bâtir des projets politiques qui soient autre chose que des catalogues, mais qui redessinent notre destin, national et européen.
C'est peut-être le prix à payer pour que notre paysage politique se recompose réellement.
Il ne faudrait toutefois pas que l'idéal européen en soit la victime indirecte et le dommage collatéral.
Cette histoire d'intégration européenne me ramène aux élections de la semaine prochaine.
Pourquoi les élections européennes suscitent-elles une aussi grande indifférence, qui se mêle à une véritable errance politique, comme si nous zigzaguions de rayon en rayon avant de faire notre choix ?
Il y a bien sûr plusieurs raisons largement avancées par les médias et analystes politiques : le découpage électoral, une Europe trop largement citée comme bouc-émissaire dans les incantations politiques, la personnalisation des scrutins et plus généralement, des partis et du personnel politique en dessous des enjeux.
Je vois une autre raison, au moins aussi fondamentale : l'incapacité des dirigeants politiques à inscrire ce scrutin dans l'Histoire. Voter pour l'Europe n'est pas qu'une décision technocratique. L'Europe est un idéal né dans les ruines de la seconde guerre mondiale. La politique, c'est aussi et surtout dire d'où nous venons, qui nous sommes et où nous allons ensemble. C'est écrire un récit collectif qui dépasse la somme des individualités. C'est avant tout cela, l'Europe.
Malheureusement, l'une des signatures de l'ère Sarkozy, c'est la politique amnésique, sans racines, sans histoire.
La grandeur et le génie de Barack Obama est d'avoir réconcilié les Américains - ce peuple soit disant inculte - avec leur Histoire. Sa candidature, son parcours et son programme reposent sur la capacité à inclure passé et avenir dans le même projet, sur cette résilience collective qui peut permettre à un peuple d'affronter les grandes épreuves.
Hier, je discutais avec un ami qui revenait de New-York. Il évoquait la rudesse de la crise, encore plus violente là-bas que chez nous. Il me racontait aussi la combativité des Américains dans l'adversité, cette capacité à se remonter les manches, à ne pas attendre que cela se passe, à puiser dans ses propres capacités pour se battre.
L'abstention qui se profile à l'horizon est le symbole de nos renoncements, de nos atermoiements, de notre incapacité à reconstruire un grand récit collectif. Dans cette perspective, elle sera peut-être une bonne chose. La claque que vont se prendre les partis politiques va peut-être les pousser à ré-initialiser leurs logiciels, à bâtir des projets politiques qui soient autre chose que des catalogues, mais qui redessinent notre destin, national et européen.
C'est peut-être le prix à payer pour que notre paysage politique se recompose réellement.
Il ne faudrait toutefois pas que l'idéal européen en soit la victime indirecte et le dommage collatéral.