C'est le 14 août que sortira The Dark Knight, le très attendu nouvel épisode de la série Batman, réalisé par l'excellent Christophe Nolan. Retour sur les principaux épisodes, histoire de passer un été bat.
En 1989, Batman de Tim Burton est un triomphe aux U.S.A., mais un échec en France, pays agacé par le déferlement médiatique et – à l'époque du moins – peu porté sur la culture superhéros. Avec le recul, le film ne mérite ni un excès d'indignité, ni un enthousiasme délirant. Tim Burton est un peu coincé dans le costume, mais le film porte en filigrane ses thèmes futurs et le germe de ses deux chef-d'œuvre, tournés dans la foulée, Edward aux mains d'argent (1990) et Batman Returns (1992). En fait, le film est kidnappé par un Jack Nicholson tellement (et génialement) cabot que sa carrière ne s'en remettra plus vraiment.
Batman Returns est LE chef-d'œuvre de la série, gothique, poétique, davantage une « monstrueuse parade » à la Tod Browning qu'un film de superhéros. Le meilleur film du cinéaste (avec Edward), même si la critique française tarde à s'en apercevoir, alors qu'elle s'enthousiasme aujourd'hui pour ses films pourtant devenus formules.
Mais la Warner fait la gueule : le film cartonne, mais les jouets ne se vendent pas, car ce Batman-là est un monstre. Burton part, l'acteur Michaël Keaton aussi, et Batman Forever (1995) est un nouveau départ, avec le cinéaste Joël Schumacher aux manettes. Ludique, flashy, mais possédant encore des éclairs de noirceur, le film est plutôt pas mal, avec un nouveau carton commercial à la clé.
Malheureusement, Schumacher se plante avec Batman et Robin (1997), trop second degré et dont l'esthétique anticipe le Speed Racer des Wachowski. Dommage, car George Clooney pouvait être un Bruce Wayne convaincant, mais le film ne le lui permet pas.
La franchise est interrompue jusqu'en 2005. Les années 2000 sont celles de la genèse des superhéros, sur fond de trauma 11 septembre. En choisissant l'excellent cinéaste Christophe Nolan, la Warner frappe juste. Dans Batman Begins, le réalisateur inscrit le personnage dans un environnement réaliste, psychologique et politique. Christian Bale est un parfait Bruce Wayne et le film est à la série ce que Casino Royal est à James Bond : une renaissance.
C'est dire si l'on attend ce Dark Knight où l'homme Chauve Souris affrontera son plus grand ennemi, le Joker. Fini le guignol Nicholson, place à Heath Ledger, acteur torturé dont la mort, en janvier, confère an film une dramaturgie supplémentaire. Le nouveau Batman n'est pas là pour nous faire rigoler. Tant pis pour les vendeurs de jouets...