Il semble qu'Herman Machin Chose soit le choix du couple franco-allemand. Sans doute pour de bonnes raisons. Mais aussi pour d'autres, inavouées. Le petit énervé et la mémé sac à main ne voulaient pas d'un Tony Blair, et pas uniquement pour des raisons politiques. Avec ce petit président au look de terne fonctionnaire désigné par les siens, il semble que l'Europe conserve son image techno. Avec ce terne président, les dirigeants envoient un signal clair : l'Europe n'a rien d'un régime présidentiel.
A moins qu'Herman ne se révèle et incarne cette fonction autrement, en faisant autre chose que la politique médiatique et en donnant du sens à des institutions européennes qui en ont bien besoin. Après tout, il ne faut pas se fier aux apparences, même si, dans notre cas, elles en disent long...
Sans aucun rapport, j'ai été ému par la mort de Jocelyn Quivrin, un acteur dont je n'avais pas suivi toute la carrière, mais que j'avais découvert dans l'excellente adaptation télévisée de Rastignac ou les ambitieux. Forcément, son destin à la James Dean lui confère une dimension romanesque, tout comme sa liaison avec l'actrice Alice Taglioni. Mais c'est surtout très con de se planter sur la route à cet âge, que l'on soit acteur connu ou pas.
Je ne sais pas si j'en ai parlé, mais j'ai une véritable aversion pour les powerpoint, ces diaporamas certes parfois utiles, mais un outil de communication qui devient paradoxalement un facteur de non/communication.
Pour une raison très simple, d'ailleurs : l'échange entre l'émetteur et le récepteur est parasité par ce tiers qui vampirise les attentions, limite l'orateur qui omet de convaincre et séduire et l'auditeur qui se dispense de faire des efforts de compréhension et de mémoire. S'y ajoute la surcharge d'information et le diaporama devient un puissant anesthésiant. Et si l'on demandait aux gens, au lieu de nous bombarder de mails, de notes, de powerpoints et de rapports, de nous expliquer simplement ce qu'ils veulent. Je suis certain que le message passerait mieux !
Terminons par un peu de musique : dimanche soir à Buffalo (USA), Bruce Springsteen et son E Street Band donnent le dernier concert d'une doublée tournée qui a duré plus de deux ans, bâtie sur deux albums (Magic et Working On A Dream). Un périple entamé sous Bush et qui s'achève sous Obama, marquée par la mort d'un musicien du groupe (Danny Federici), une crise économique et une incroyable capacité d'improvisation et d'adaptation d'un artiste et d'un groupe qui n'ont jamais donné le même concert.
Avec des musiciens qui ont dépassé pour la plupart les soixante ans, le E Street Band a-t-il un avenir ? Nul ne le sait. Tant que les musiciens seront en forme, Springsteen pourra les réunir pour un concert ou une tournée, car ce groupe n'est pas qu'une incarnation du passé, il est une force de vie qui nous fait tenir depuis presque quarante ans.
Dimanche, ils joueront pour la première et dernière fois l'intégrale de leur premier album Greetings From Asbury Park, New Jersey (1973). Le chant du cygne ? Attendons les prochaines étapes. Et si des fois c'était la dernière, merci du voyage. J'en suis depuis presque trente ans. Il fut magnifique.
Bon dimanche.