Bonjour à tous.Donc, ça y est, la présidentielle, c'est terminé. On a effectivement envie de passer à autre chose, de laisser le président travailler. Y'a du boulot.
En même temps, cette "présidentialîte aiguë" ne s'arrête pas comme ça, une telle addiction laisse des dégâts, surtout en ces temps d'info en continu. Même lorsqu'il n'y a rien à dire, comme en cette période de transition, il faut remplir, remplir. Bien sûr, après la frénésie du suspense, l'analyse à froid du bilan du perdant et des attentes qui pèsent sur le gagnant sont légitimes. Mais l'on ne peut que sourire (ou rire) devant le suivisme et monolithisme médiatique : l'agitation sarkozienne est devenue dynamisme lors de son élection pour redevenir agitation lorsque les sondages étaient en berne. Quant à Hollande, il est assez risible de le voir ainsi paré de toutes les vertus de la part de médias qui ont contribué à répandre son image de "flanby". Les médias reflètent sans doute l'état de l'opinion, qui a changé de regard en un an sur Hollande (et en cinq ans sur Sarkozy). Mais concernant les grands médias télévisuels, force est de constater qu'ils vont aussi là où va le vent. Donc, bon vent, François. Mais attention : les médias flatteurs d'aujourd'hui ne t'épargneront pas à la première baisse sondagière.
Car la France est politiquement d'humeur zappeuse, comme le rappelait judicieusement Alain Duhamel dans sa chronique politique du mercredi dans Libération. Pas un exécutif n'a été reconduit depuis 1981 et les réélections de Mitterrand et de Chirac sont en réalité la sanction de leurs premiers ministres de cohabitation, Chirac en 1988, Jospin en 2002. C'est la dure réalité politique française : les politiques nationales sont systématiquement rejetées par les Français, qui ne s'y retrouvent pas, qui aspirent à autre chose. Insatisfaction chronique, défaillance des solutions politiques, ambivalence des électeurs qui veulent le beurre et l'argent du beurre, médiocrité du personnel politique. À chacun d' apporter sa propre grille de lecture. Cette instabilité fait aussi qu'on tricote et détricote ce qui est lancé, que des mandats assez courts (depuis le quinquennat) placent les élus en état quasi-permanent de campagne, au détriment des réformes ou projets nécessaires. Limiter la présidence à deux mandats est une sage décision. Mais elle n'a pas empêché un Sarkozy d'être autant obsédé par les coups médiatiques que les vraies solutions. Et si l'on limitait une présidence à un mandat ? On serait sûr que le président élu n'aurait pour seule ambition que de bien faire et pas uniquement de se faire réélire. Regardez comme il est cool, détendu et sympa, Sarkozy, depuis qu'il n'a plus la pression de la réélection. Fini l'énervé diviseur. S'il avait été comme ça tout le temps, on aurait peut-être eu un meilleur quinquennat, non ?
Bon, j'étais parti avec l'idée de parler d'autre chose que de la présidentielle et voilà que je rechute. Je suis malade, mais je me soigne !
A dimanche prochain.














